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Art Vegan, des chefs d’œuvre de compassion

Entre réalisme et philosophie

Contemporain, moderne, surréaliste et parfois crument réaliste,  « l’Art Vegan » est un art à part entière qui trouve sa place au sein de galeries, musées et collections privées. Entre dénonciation d’un système qui ne fait pas la part belle aux animaux et incitation à considérer chaque être sous un angle plus humain, l’art vegan interpelle et cherche à toucher le cœur et l’esprit.

Les artistes vegan ont su donner naissance à des œuvres très diverses mais toujours riches en émotions.

Dana Ellyn, plus que de l’art, une invitation au changement

Dana Ellyn :

« Dans mes tableaux, j’ai mis de jolis petits cochons et des chiots côte à côte en espérant que les gens réaliseront qu’ils mangent l’un mais qu’il ne leur viendrait pas à l’idée de manger l’autre »

Les œuvres de Dana sont hautes en couleurs et riches d’enseignements. Elles sont le reflet de ses opinions, de ses sentiments profonds et de ses questionnements.  Son travail fait souvent preuve d’un sens critique aigu sur certains aspects de notre société, il aborde, entre autres, le sujet de notre mode d’alimentation – un choix qui a des conséquences-.

Dog Pig Pig Dog - Dana Ellyn

Dog Pig Pig Dog – Dana Ellyn

Interview de Dana Ellyn par Compassion Over Killing (COK)

COK : Quand avez-vous commencé à intégrer les thèmes du végétarisme et des animaux d’élevage dans vos œuvres ?

Les animaux ont toujours fait des apparitions ponctuelles au fil de mon travail. Mais c’est au cours de mon exposition pour la « semaine sans viande de Washington DC» en 2013 que je me suis pleinement exprimée sur le thème de l’animal dans mes peintures. J’ai alors crée la série « Look Me In The Eye and Tell Me I’m Delicious » (« Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que je suis délicieux » ) et j’ai pensé que les vegan et les végétariens seraient particulièrement intéressés par mon travail.

Représenter un adorable porcelet à côté d’une tranche de bacon pouvait mettre une personne non végétarienne mal à l’aise en lui faisant réaliser d’où vient exactement la viande qu’elle mange. Bacon = cochon. Burger = vache. Poussin = oiseau. Mais à ma grande surprise, dans cette série, la première peinture que j’ai vendue  a été achetée par une personne non végétarienne – et j’aime à imaginer que peut-être cette personne deviendra végé. J’ai un espoir secret : j’espère que chaque fois qu’elle verra ce joli petit cochon, il lui sera ensuite de plus en plus difficile de mâcher du bacon.

COK : Quelles sont les réactions des personnes qui regardent vos œuvres ?

Cela passe par tout le spectre des émotions : amour, dérision, compréhension, incompréhension.

J’ai consacré ces dernières années à la peinture. J’ai abordé de nombreux sujets, la plupart étant controversés. Des sujets sensibles que l’on évite d’aborder lorsqu’on est invité à dîner : religion, politique, divorce, ne pas vouloir d’enfants, …

Lorsque j’ai commencé à aborder le thème du végétarisme, je pensais aborder un thème moins sujet à controverse. J’avais vraiment tort. Je considère des œuvres comme « Baby Back Ribs » et « Independance (from Meat) Day » comme étant de simples images – des images qui s’imposent à moi quand je pense à l’endroit d’où vient la viande qui se trouve dans nos assiettes. Mais en fait, la plupart des gens n’aiment pas penser à cela. J’ai bien compris la leçon. Et même si je peins encore des œuvres touchant à ce brûlant sujet du véganisme, je peins également des œuvres plus douces qui représentent de mignons petits animaux, des animaux au regard innocent et insistant qui semblent dire à celui qui les regarde : « J’éprouve des sentiments, s’il te plaît, ne me mange pas ».

 

Mark Barone, un travail de mémoire, une ôde à la vie

Mark  Barone :

« Si vous êtes assis dans une immense pièce et entouré de 5.500 portraits de chiens qui représentent une seule journée d’euthanasie dans des refuges d’animaux, alors cela aura beaucoup plus d’impact que tous les chiffres du monde.»

 

L’œuvre de Mark Barone rend hommage à tous les chiens errants qui sont capturés et tués alors qu’ils pourraient être adoptés, un sacrifice inutile. Chaque jour aux Etats-Unis près de 5.500 chiens errants sont euthanasiés et ce chiffre est pire encore en ce qui concerne les chats.

Horrifié par ce chiffre effarant Mark a fait des recherches et a trouvé des documents qui l’ont profondément ému. L’idée d’une œuvre en forme d’hommage et de revendication s’est alors imposée à lui, une idée ambitieuse : trouver des informations et des photos de chiens errants euthanasiés. Peindre un portrait fidèle de chacun de ces chiens pour montrer que chacun d’entre eux avait un nom et une histoire.

Le but de cette œuvre gigantesque est aussi de délivrer un message au gouvernement et aux refuges animaliers : il faut cesser de tuer des animaux amicaux et en bonne santé, car ces animaux pourraient être adoptés ou récupérés par leur famille si on leur en  laissait le temps…

Outre cette œuvre imposante de longue haleine, Mark peint également quelques tableaux géants aux dimensions impressionnantes en hommage à des chiens dont l’histoire a été particulièrement poignante.

Portrait d’Oreo - Mark Barone

Portrait d’Oreo – Mark Barone

Ci-dessus : Portrait d’Oreo, qui a survécu après avoir été jeté du 6ème étage d’un immeuble. Oreo a été euthanasié par Animal Control en dépit de nombreuses propositions d’adoption – Mark Barone

La voix des sans voix

A mi-chemin entre passion et revendication, les artistes vegan présentent des œuvres d’une puissance profondément émouvante et transmettent en une image leur philosophie de la vie. Leur art est passionné et bien souvent sans complaisance.

Toutes leurs œuvres ont des histoires fortes à raconter, tendres, poignantes ou virulentes. Ils croquent des thèmes du quotidien et les transfigurent au gré de leur imaginaire. Ils sont la voix des sans voix. Loin des thèmes classiques, ces artistes puisent leur inspiration dans leur réel, un monde pas tout à fait vegan.

 

Art vegan Mark BaroneArt Vegan - Mark Marone

 

Sources :

Interview de l’artiste végane Dana Ellyn par Compassion Over Killing – 22avril 2014

http://www.cok.net/blog/2014/04/cok-interview-vegan-artist-dana-ellyn/

https://www.facebook.com/pages/Dana-Ellyn/176599042352240

 

Portrait de Mark Barone, porteur du projet 5.500 chiens errants qui ne sont plus, mais que nous n’oublierons jamais

http://www.mnn.com/family/pets/stories/artist-paints-5500-shelter-dogs-the-number-killed-in-the-us-each-day

http://anactofdog.org/

 

Citations Dan Ellyn :

« In the paintings, I’ve placed cute pigs & puppies side by side hoping people make the connection that they’d never eat one in place of the other. » – Dans mes tableaux, j’ai mis de jolis petits cochons et des chiots côte à côte en espérant que les gens réaliseront qu’ils mangent l’un mais qu’il ne leur viendrait pas à l’idée de manger l’autre.

« I didn’t know as a kid that not eating meat was an option. » – Quand j’étais enfant, je ne savais pas que ne pas manger de viande était une option.

« Putting an adorable piglet next to a slab of bacon might cause a meat-eater to become uncomfortable because it makes them think about where their food comes from. Bacon = pig. Burger = cow. Chicken = bird. » – Représenter un adorable porcelet à côté d’une tranche de bacon pouvait mettre une personne non végétarienne mal à l’aise en lui faisant réaliser d’où vient exactement la viande qu’elle mange. Bacon = cochon. Burger = vache. Poussin = oiseau.

 

Citations Mark Barone :

« It’s not about shaming people, but inspiring them to think, to get involved. » – Le but n’est pas de faire ressentir de la honte à quiconque, le but est de toucher les gens et de faire en sorte qu’ils se sentent impliqués.

« If you sit in a huge room surrounded by 5,500 portraits, which represents a day’s ‘work’ at shelters, that’s going to have far more impact than if I just told you the number. » –  Si vous êtes assis dans une immense pièce et entouré de 5.500 portraits de chiens qui représentent une seule journée d’euthanasie dans des refuges d’animaux, alors cela aura beaucoup plus d’impact que tous les chiffres du monde.

« I paint the dogs so they can live on and have their stories told and so we can help all animals — not just dogs » – Je peins les chiens pour qu’ils continuent à vivre et que leurs histoires soient racontées, pour que cela permette d’aider tous les animaux – et pas seulement les chiens.